A cinq ans, tu joues à la princesses, tu crois au prince charmant. Tu y crois vraiment. Les garçons sont des compagnons de jeux qui n'aiment pas jouer aux princesses et aux Barbies, eux ils aiment les pirates et les Playmobils. Toi aussi tu as des Playmobils et des Duplo tu aimes construire des maisons loufoques en t'inspirant de ta propre maison, mais au final l'histoire est la même. Pour les garçons, les pirates vont débarquer et tuer tout le monde. Pour les filles, le chien va se barrer et ce sera le drame, puis papa et maman consoleront les enfants et on retrouvera le chien. A cinq ans, tu mets des robes roses à volants, que ta maman aime tant. Tu fais craquer tout le monde, tout le monde te dit que tu es belle, grande et très polie. Et ton père c'est ton héros.
A douze ans, tu joues plus à la princesse, c'est trop ringard. Tu commence à faire attention aux tendances, à la mode. Tu crois toujours au prince charmant, mais juste au fond de toi. Les séries américaines, aux lycées grands et beaux, aux bandes d'amis inséparables, au super beau mec dont l'héroïne est amoureuse et dont tu sais la fin. Ils s'embrasseront. Toutes ces séries te bourrent de fausses idées de la réalité. Les garçons sont stupides voir cons. Les blondes aux belles formes détournent leur regard. Les filles sont hypocrites, massacrent tout le monde en petit groupe, se font la gueule puis se réconcilient. Trois fois par mois. Mais toi tu te contentes de regarder et de t'en moquer. Mais tu es tout aussi hypocrites, juste plus discrète. A douze ans tu n'as aucune personnalité, tu te fonds dans la masse et en même temps tu n'en fais pas partie. Ton père c'est ton héros, et ton frère ta raison de vivre.
A quatorze, le prince charmant à quitter ta vie, les contes de fées aussi. Les parents c'est la galère, moins avec ton père. Tu joues aux Playmobils et aux Duplo avec ton frère. Les garçons ont toujours une guerre de retard au niveau maturité, mais tu n'es pas sûre d'être mature toi-même. Tu te cherches, tu te construits petit-à-petit, mais tu es toujours aussi influençables. Tu te sens moches certains jours, tu vis au rythme des saisons. Ton frère te redonne le sourire quand ça ne va pas.
A seize ans, tu te sens toi, mais vide. La musique c'est ta vie, tu l'écoutes dès que c'est possible, tu te crée un style. Tes amies c'est une échappatoire tu te prends des délires gros comme le monde pour un truc plus petit qu'atome. Le temps qu'il fait dehors déteint toujours autant sur ton humeur. Les mouvements de jeunesses te font vivre, c'est ta bouffée d'air frais, tu t'y mets à fond dedans. Ta personnalité se forge, tes passions prennent vie, tu suis ton chemins et plus celui des ami(e)s. A seize ans, tu y crois enfin au Prince Charmant, parce que tu l'as rencontré. Pas celui des contes de fée, en costume sur un cheval blanc épée à la main. Le tien il est comme tu le voyais, en plus beau, en mieux. Tu l'as rencontré, mais pas comme dans les films ou les séries. A ta manière et tu te sens vivre, entière, plus complice avec ta s½ur. Ton père c'est ton héros, ton frère ton super-héros.
Et lui ma bouée de secours.
Ben il n'y aura pas de photo parce que je sais pas pourquoi mais elle se barre à chaque fois. Na!